Carnet de route

Souvenir de Ténérife

Le 21/05/2012 par Paul WALDY

 Motivé par le succès rencontré l’année dernière pour le voyage à Ténérife, notre guide, Paul, épaulé par son épouse Sylvia, a récidivé.

C’est ainsi qu’une  équipe de 17 joyeux lurons, euh… pardon…17 joyeux Cafistes honoré par la présence de leur bien-aimé président prend l’envol pour Ténérife. C’est la plus grande des îles de l’archipel des Canaries, véritable paradis du randonneur pour ses paysages très diversifiés et du botaniste pour ses plantes endémiques.

Quelques heures plus tard, avant l’atterrissage une vue grandiose  s’offre à tous. L’île est  dominée fièrement par le Teide (3718m) auréolé par une mer de nuage qui s’accroche à ses flancs, laissant dépasser sa cime. De quoi nous faire rêver à l’ascension prochaine.

 

En attendant, un bon diner et une bonne nuit réparatrice à l’hôtel El Tope à Puerto de la Cruz avant d’entamer nos randonnées. 

1) Première étape : la côte nord de l’île

Le lendemain, départ en bus pour Punta del Hidalgo, au nord de l’île. La veille, notre guide Paul, toujours irréprochable dans son organisation, avait déjà jeté un coup d’œil à la météo, repérant  l’endroit de l’île où nous serions gâtés par le soleil. Randonnée dans ces paysages volcaniques tourmentés avec leurs cactées, figuiers de barbarie, candélabres, agaves, plantes en fleurs dont nous ignorons les noms. Sur notre parcours, nous croisons des grottes formés dans les coulées de lave pour  découvrir au col les maisons troglodytes. Retour vers Las Carboneros.  

 

2) Deuxième étape : la caldeira de Las Canadas del Teide, le sommet du Guajara

La seconde étape nous emmène au cœur de l’île.  Après avoir passé la mer de nuage en bus, direction la caldeira (17km de diamètre, parmi les plus vastes de la planète)  sous un soleil resplendissant. Superbe randonnée le long des remparts de la caldeira où nous longeons les coulées de lave avant de bifurquer vers un col. Nous cotoyons une fleur endémique aux belles couleurs rouges, le « tajinaste » (une vipérine). L’option est prise de faire le sommet du Guajara, situé sur les remparts, d’où nous jouissons d’une vue sur toute la caldeira avec en face de nous le Teide dans toute sa splendeur ornée des différentes coulées allant du blanc au noir en passant par le violet sombre et le rouge. La caldeira ressemble à un immense champ de lave ponctué de concrétions rocheuses aux formes fantastiques. Longue descente, en passant par les paysages lunaires, à travers une forêt de pins, pour aboutir à Vilaflor, où nous attend une bonne cerveza bien fraîche.

 

3) Troisième étape : Le sommet du Teide

 Départ matinal pour le Teide : point culminant de l’Espagne et sommet mythique. Nous pensions finir notre nuit, mais  voilà que notre ami  Armand entonne son petit air d’harmonica, non … pas une berceuse, mais de quoi nous tenir éveillé. Traversée habituelle des nuages. Départ dans la caldeira à 2300m  en passant près des boules du Teide, gros blocs de lave sphériques. La végétation est rare, seules les plantes peu exigeantes survivent. Courte pause avant d’attaquer les pentes raides du volcan, le sentier sillonne au beau milieu du champ de lave. Halte au refuge de Altavista à 3265m, nous traversons quelques plaques de neige avant d’atteindre le poste de contrôle. Après vérification de nos autorisations, dernière montée jusqu’au cratère  (3718m) avec ses fumerolles, ses dépôts de soufre aux couleurs jaunâtres et verdâtres. L’odeur de soufre nous pénètre. Belle vue sur la caldeira. Au loin nous devinons les autres îles. A nous couper le souffle.

 

4)  Quatrième étape : les gorges de Masca

 Aujourd’hui journée de repos, non… de descente reposante, non… direction les gorges de Masca en bus (côte ouest). Du petit village de Masca, accroché à un éperon rocheux, un sentier plonge au fond des gorges. D’imposantes  parois verticales vertigineuses  épousant toutes  les courbes du torrent nous amènent en bord de mer. Descente dans le lit de ce torrent de bloc en bloc, avec 2-3 passages scabreux où le faux pas risque d’être synonyme de baignade. Surprise… à la sortie, un bateau, nous attend. Nous longeons les falaises peuplées par les oiseaux de mer, direction Los Gigantes

 

5) Cinquième étape : Buenavista - Masca 

 Transfert en bus vers Buenavista del Norte. Après une montée raide sous le soleil, nous atteignons les brumes rafraichissantes sur la crête dans une végétation fournie et en pleine floraison. Le ciel semble être avec nous puisque de temps à autre une fenêtre nous permet d’apprécier ces splendides ravines. Arrivée au petit village de Masca.

 

6) Sixième étape : Los Organos

 Randonnée sur un joli sentier balcon autour de Los Organos sur les hauteurs de Puerto de la Cruz à travers les pins des Canaries (pinus canariensis) aux longues aiguilles balayant la brume à la recherche de l’humidité. Découverte des parois de basalte ressemblant étrangement à des orgues. Nous surplombons la vallée de la Orotava 

 

7) Septième étape : Sortie au phare, à l’extrême Nord - Est : 

Après une belle montée à travers une forêt humide et dense où croit une belle digitale endémique couleur abricot (isoplexis canariensis ou digitalis canariensis), un passage de  col,  nous découvrons au loin, niché en bord de mer, le petit village de El Draguillo. Nous quittons rapidement la forêt pour retrouver dans la descente les cultures de vignes en étage, en partie abandonnée,  avec leurs petits murets sur lesquels se reposent au soleil de très beaux lézards. A El Draguillo, nous empruntons un sentier-douanier qui longe la mer avec tout près quelques ilots balayés par les vagues. Passage près du hameau de Las Palmas de Anagua. Pause repas près d’un pressoir abandonné perdu au milieu de ce qui devait être un endroit viticole, un endroit où s’activaient des paysans et où règne actuellement un calme avec comme seul  bruit de fond, les vagues qui s’écrasent contre les rochers et le sifflement du vent. Ah, j’oubliais….de temps en temps un âne au loin nous rappelle sa présence.  Descente vers le phare, le plus au NE de l’île. Nous entamons une longue montée vers le village de Chamorga. Nous rencontrons quelques maisons en ruine, longeons une ravine, la traversons au milieu de blocs énormes. On imagine la violence de ce torrent lorsque les éléments se déchaînent

 

8) Huitième étape : Le Pico Viejo

(Merci à Françoise Langlois pour le résumé de cette journée)

 ASCENSION DU PICO VIEJO 3134m, volcan situé à l’ouest du TEIDE (1100m de dénivelé)

 Arrivés au PARADOR, deux groupes se forment et nous laissons nos compagnons évoluer dans la caldeira.

Quant à nous, nous poursuivons jusqu’à BOCA DE TAUCE, là où commence l’aventure du PICO VIEJO.

Un chemin s’offre à nous, nous traversons une forêt de pins, puis la végétation se raréfie, adieu nos petits bouquets de marguerites surgissant de cette terre volcanique. Nous entrons dans un univers lunaire parsemé de lave, cailloux ; nous côtoyons un gentil cratère, puis traversons une avalanche de cailloux qui nous conduit à l’arête du volcan PICO VIEJO… là, nous attend notre « bon guide » avec une sublime récompense…. une vue à couper le souffle … le cratère béant éblouissant tant par sa profondeur que par son diamètre (750m) ! ! ! Puis un plateau d’alluvions fondant sous nos pieds longe le cratère et relie le TEIDE majestueux qui nous surveille… mais l’heure est à la descente, et « notre vénéré guide » rappelle ses groupes qui ont du mal à s’arracher à ces visions paradisiaques…

Le retour fut long… mais parsemé de joyaux…cratères nommés les narines du TEIDE, coulées de laves basalte de noir intense que l’on pensait infranchissable… et à l’horizon, le PAS-LOUPER, notre minibus qui nous attendait et ne se rapprochait pas…

 

9) Neuvième étape : Réserve naturelle du Malpais de Güimar.

Ce site est composé du volcan de Montana Grande avec une vaste coulée de lave qui descend jusqu’à la mer. Végétation typique avec entre autres une espèce végétale endémique des zones basses, une euphorbe en forme de candélabre (euphorbia canariensis)

 

Sans oublier le jardin botanique, le dragonnier millénaire, les balcons d’Orotava, un mémorable repas de poisson dans un petit restaurant loin de l’afflux touristique.

Tout le monde gardera en mémoire cette ambiance, ces rires, voire fous rires,  l’anniversaire de René, la prestation d’Armand avec son harmonica sur la place du village près du dragonnier millénaire en duo avec un accordéoniste, sa même prestation le soir à l’hôtel.

 

Un grand merci à notre guide, Paul et son épouse pour la préparation et l’organisation sans faille de ce voyage, un grand merci aussi  à tout le groupe pour avoir su créer et maintenir une superbe ambiance.

L’île cache bien d’autres secrets… pour d’autres aventures…..

 

Pour Paul et Sylvia Waldy

Bernard Diss

CLUB ALPIN FRANCAIS MULHOUSE
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